Taïna,
ton nom naît sur mes lèvres
avec la douceur d’une eau calme
qui cherche obstinément la mer.
Je le murmure dans la nuit
quand les villes se ferment lentement
et que les hommes fatigués
posent leurs rêves froissés
devant la porte de leurs maisons.
Ton nom,
est une petite flamme fragile
que je protège entre mes mains
contre les vents violents du monde.
Je le garde vivant en moi
comme on garde un espoir têtu
quand tout semble vaciller
dans l’obscurité des jours.
Taïna,
tu marches dans mes jours
comme un matin clair
qui se lève sur une terre longtemps abandonnée.
Quand je pense à toi
les arbres retrouvent leur feuillage,
les routes poussiéreuses deviennent des chemins d’eau,
et les pierres elles-mêmes
se souviennent qu’elles furent un jour des étoiles.
Taïna,
ton rire est une pluie fine
qui tombe sur mes silences.
Il lave la fatigue de mes épaules,
il ouvre les fenêtres de mon âme
là où dormaient des oiseaux blessés.
Je t’imagine parfois
debout au bord de l’aube
avec tes mains pleines de lumière,
distribuant des matins
aux hommes qui ont oublié de croire au soleil.
Et moi
je reste là
à écouter ton nom
comme on écoute la mer
quand elle parle aux pierres.
Taïna,
si le monde devait un jour s’écrouler
dans un grand bruit de fer et de poussière,
je garderais encore ton nom
comme une braise secrète
au fond de ma poitrine.
Car ton nom
est une promesse d’aube.
Et tant qu’il existe
dans la mémoire de mon souffle,
la nuit ne pourra jamais
tout à fait gagner la bataille.
Taïna,
tu es cette étoile lente
qui traverse ma vie.
Et je marche vers toi
avec mes mots pauvres
mais mon cœur immense
comme un pays qui cherche encore
sa première lumière.
John Peter Stinvil
Ton nom, une petite flamme fragile

La Rédaction 274
Kafounews
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