Je me focalisais au début de cette coupe du monde sur ma sélection nationale, excité tel un enfant dans une chocolaterie me disant que Messi pourrait être rattrapé par le temps, finalement. Les errances de coaching de Migné ont miné, à tous égards, les performances des Grenadiers pour leur retour après cinquante-deux ans d’absence à la plus belle des compétitions. En effet, le français a montré toutes ses limites à entraîner au plus haut niveau en étant incapable d’aligner une équipe compétitive dès le match d’ouverture contre l’Écosse, la plus faible de nos adversaires. Le dépositaire de notre jeu, Jean Ricner Bellegarde, s’est retrouvé englué au milieu parce que placé trop proche de la défense. La saison en Premier League a été longue. Le jeune Bellegarde, malgré son abattage, a paru essoufflé. Pourtant le coach français n’a pas pensé à le remplacer. Loin s’en faut, Isidor, notre meilleur joueur, a fait les frais des choix approximatifs du français. Au coup de sifflet final, Haïti 0, Ecosse 1. Première station.
La rencontre face aux quintuples champions du monde brésiliens a été vécue par les haïtiens comme un véritable chemin de croix. Le minable Migné a décidé d’improviser avec un système à cinq défenseurs et quatre milieux, laissant le très limité techniquement Frantzy Pierrot seul en pointe. Isidor possédant les atouts pour évoluer sur tout le flanc de l’attaque débutait sur le banc. Cette tactique, pour le moins surprenante ( puisque venue de nulle part) témoignait de l’ignorance profonde de l’histoire du football haïtien. Nous défendons toujours en avançant. L’attentisme ne nous sied guère. Pire, le Brésil jouant avec une seule pointe, le choix de cinq défenseurs s’est révélé contre-productif. Il fallait cinq milieux pour pousser les sud-américains à la faute en libérant Bellegarde des taches défensives. La rencontre s’est soldée par une défaite lourde 3-0. Cette douloureuse expérience doit nous servir. Elle va servir.
La fédération haïtienne saura, en temps utile, tirer les enseignements de cette coupe du monde vécue dans l’effervescence par une population jeune, privée de tout, oubliée du monde « civilisé », s’achevant dans la désolation parce que cette campagne n’a pas tenu toutes ses promesses. Nul doute que nous disposons d’un effectif jeune et talentueux capable de rivaliser avec les meilleures formations de la Concacaf. Nous reviendrons plus forts dans quatre ans.
Pour en revenir au cher Messi, je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi en jambes dès le début de ce mondial. Je savais que Rodrigo De Paul avait vendu la mèche en disant qu’ils s’étaient bien préparés tous les deux.Je savais aussi que les américains possédaient un savoir-faire inégalé dans la préparation physique des athlètes de haut niveau. Mais, rien ne pouvait présager ce début tonitruant avec un quasi quadragénaire retrouvant des jambes deux vingt ans. Il vieillit avec sa vision hors du commun, son sens du placement et surtout sa capacité à choisir son moment pour changer le court d’un match. Hallucinant !Ébouriffant ! Messi continue de faire du Messi.
Léo a déjà marqué cinq buts en deux petites rencontres là où Ibrahimovic, par exemple, n’en a réussi aucun en deux participations à la coupe du monde. Mieux, il est devenu le recordman des réalisations en coupe du monde( dix-huit (18) buts en vingt-huit (28) matchs). Il a aussi la possibilité d’en devenir le meilleur passeur( il est pour l’instant avec huit (8) passes codétenteur du record avec son compatriote, Diego Maradona). Côté réalisations en coupe du monde, il ne reste que le record du nombre de buts sur une seule phase finale à battre. En annonçant que Messi jouera une mi-temps face à la Jordanie pour la troisième rencontre de la phase de poules, Scaloni se met à l’écoule de son virtuose. Pour moi, il ne fait aucun doute que Juste Fontaine doit se préparer à l’idée d’être rattrapé par Messi.
Ce mondial peut se révéler pour le plus grand footballeur de tout le Temps celui de tous les records. Soulever le trophée dans ces circonstances ne serait que la petite cerise sur un gâteau gigantesque.
Pour le reste, Mbappé tient son rang. Haaland fait honneur à sa réputation de chausseur de buts. Les fans du Brésil espèrent voir le Ney pour sortir de leur torpeur. L’Allemagne fait son mondial sans bruit. L’Espagne ne semble pas pouvoir rivaliser sans Lamine. Quant aux portugais, ils continuent de se voiler la face. Car, les deux réalisations de Cristiano contre l’Ouzbékistan loin de réveiller le guerrier mort et enterré qu’il fut, sonne le glas d’une équipe exsangue, incapable de retrouver ses marques quand les adversaires élèvent leur niveau. La suite me paraît catastrophique.
Après deux journées de compétitions le mondial est enfin lancé.
Si cette coupe du monde est encore celle de Messi, Juste Fontaine pourrait être effacé des annales

Franck S. Vanéus 48
Avocat et Philosophe...
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