Masques et Visages, un livre (re) lire.

Masques et Visages, un livre (re) lire.

"Chaque lecture est un pas en avant pour la liberté et un pas en arrière pour la dictature". Cette phrase de Salim Boudiaf illustre de façon illuminée la conséquence de l'acte de lire. Une activité qui ne saurait laisser indifférent quiconque osant le poser, ne serait -ce qu'une seule toute petite fois. En ce sens, force est de dire que la lecture est transformationelle. Chaque goûte de lecture modifie la perception, la conception et la vision du monde de la personne qui lit. Et c'est pour se rendre meilleur que tout le monde se doit de lire. En plus de tout ce qui précède, la lecture a une de ces vertus de revigorer la conscience. Le recueil de nouvelles Masques et visages du feu Fernand Hibbert s'inscrit dans cette dynamique. Un livre à lire et à relire pour diverses raisons.

D'abord pour une meilleure compréhension de la sociologie politique haïtienne.
Pourquoi et par quels moyens les politiques haïtiens arrivent au timon des affaires de l'état ?

Ce livre dessine aussi un tableau réaliste du fonctionnement de l'appareil judiciaire du pays. Ici, il faut dire que tout ce qui se passe entre les lignes de ce recueil est bel et bien d'actualité. Les gens veulent atteindre le sommet de l'état dans l'ultime objectif de se faire une situation. La question d'un pays à construire n'existe nul part dans leur subconscient. Et, c'est la grande mode, ici la justicz se vend à bon marché, au plus offrant. Ensuite, Fernand Hibbert a su à travers ces récits courts nous mettre au parfum des causes de la dégénérescence vertigineuse de notre économie, de la faiblesse des institutions, de l'absence de volonté réelle à faire bouger les choses, de la gourmandise des dirigeants et,entre de l'horreur de la bourgoisie locale importée pour le pays. Enfin, ce livre est prescriptible pour son niveau d'écriture. Chacune de ses phrases met à l'évidence la minutie de l'auteur ainsi que la maturité de sa plume originale. Celle-ci plume n'a pour encre que poésie haute de gamme et construction syntaxique ciselée à la hauteur de son génie.

Tout compte fait, Haïti aujourd'hui est ingénieusement un prototype de masochisme. Nous autres haïtiens prenons le plaisir à nous suicider comlectivement à petit feu. Il faut vraiment que quelque chose change. Un tel changement doit indubitablement passer par une prise de conscience. Et c'est de bonne grâce que le pays ait enfanté des hommes comme Fernand Hibbert pour nous fouetter la conscience afin d'acter pour notre changement et celui de notre Haïti cherie. Masques et visages de Fernand Hibbert, un livre à ne pas ne pas lire, point barre !

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Blondy Wolf Leblanc (Gabynho) 100

Mémorand en psychologie à la Faculté des Sciences Humaines de l'Université d'État d'Haïti (FASCH-UEH), Gabynho est un acteur culturel très influent à Carrefour où il initie et coordonne "Festival Liv Kafou", "Semèn Jèn Ekriven Kafou" et "Week-end Poétique".

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6 Commentaires

  • guilsonc@yahoo.fr

    December 08, 2019 - 04:53:26 PM

    Bon travail, mon ami. Tu as trouvé les mots justes pour parler d' une oeuvre qui dépasse son époque.

  • Jackson LAFLEUR

    December 08, 2019 - 06:14:26 PM

    Bon travail!

  • serge

    January 19, 2020 - 01:37:26 AM

    J'aime beaucoup cette parole

  • serge

    January 19, 2020 - 01:37:38 AM

    J'aime beaucoup cette parole

  • Jameson MARCELIN

    July 27, 2020 - 01:00:06 PM

    Bon travail!

  • Rufin

    May 22, 2022 - 09:03:37 PM

    bon travail