Dévéloppement personnel

"De l’indifférence à la différence" : Sony Lamarre Joseph prône l’action et l’impact à Carrefour

Carrefour, 20 avril 2026 — L’écrivain et conférencier Sony Lamarre Joseph s’apprête à organiser une grande conférence autour du thème « *De l’indifférence à la différence : pour ne plus être spectateur, mais acteur du changement* ». L’événement se tiendra le 1er mai prochain à 15 heures, au Centre culturel Emmanuel Charlemagne, situé à Thor 12, à Carrefour. Axée sur la motivation personnelle, l'entrepreneuriat, le leadership et la communication, cette rencontre ambitionne de mobiliser les participants, notamment les jeunes, en vue de mieux jouer leurs rôles au sein de leurs communautés. Au micro de la salle des nouvelles de Radio Lumière, l'initiateur de cette activité, Sony Lamarre Joseph a indiqué que plusieurs intervenants modèles et inspirants prendront la parole dans le cadre de cette conférence d'impact pour un partage d'expériences. On peut citer Isaac Louis, responsable de Coucou Pâté, Donald Codio, président de l’Organisation Chrétienne Eau Esprit et Vie (OCEEV), Dwinny Belval du Centre de leadership et d’innovation (LEAD), Djoossie Elandina Labonté, responsable de Impact Network, ainsi que Barbara Marcelin Masséna, cadre de la banque en Haïti. Le journaliste Jean-Wenter Jerome de Radio Lumière et Kotchyse Queeny Baptichon, cadre bancaire en Haïti, assureront l’animation. L’événement promet également une dimension artistique avec la participation de jeunes talents tels que Anne-Carleb Lhérisson, Zess et Nora. Le groupe FEMMEUSE apportera aussi une touche spéciale à cette rencontre. Selon Sony Lamarre Joseph, cette conférence s’inscrit dans la continuité de celle organisée le 24 août 2025 à l’occasion de son anniversaire, autour du thème « *Jeunes, vous pouvez briller* ». Cette précédente initiative avait suscité un réel engouement, incitant plusieurs jeunes à lancer leurs propres projets et à s’engager dans des actions concrètes pour leur avenir. Avec ce nouveau rendez-vous, le conférencier souhaite amener les participants, en particulier les jeunes, à abandonner la posture de spectateur passif pour devenir de véritables acteurs du changement dans leur sphère d'activité. Par ailleurs, l’auteur met en avant une approche de réussite basée sur les « 5 R » — essentiels selon lui pour impacter et faire la différence: Rêve : une étape conceptuelle, souvent invisible aux yeux des autres ; Responsabilité : assumer ses choix sans chercher d’excuses ni de prétextes ; Résilience: surmonter les obstacles avec endurance et détermination ; Respect: de soi et des autres dans le processus de construction de sa marque ; Réseautage: savoir bien s’entourer pour progresser efficacement. À travers cette initiative, Sony Lamarre Joseph entend insuffler une nouvelle dynamique chez les jeunes haïtiens et les encourager à devenir des moteurs de transformation au sein de la société. Jean-Wenter JEROME _Journaliste à Radio Lumière_ _Étudiant en communication sociale à la Faculté des Sciences Humaines (FASCH/UEH)_ _Étudiant en sciences de l'éducation à l'Université Lumière de Carrefour_

Chronique

Chronique de la traversée (3)

J'ai toujours eu beaucoup de mal à me lever pour aller au boulot. Paresse ? Un peu. Je l'avoue. L'une de mes activités préférées : passer une soirée à picoler et faire la grasse matinée le jour suivant. Mais ces jours-ci, c'est surtout la traversée qui m'effraie. De Carrefour au centre-ville, plus de six (6) VAR à affronter. On n'est sûr de rien. On s'attend au pire. Tirs à hauteur d'homme. Balles perdues. Je me rappelle d'un petit texte que j'avais écrit pour exprimer cette idée. Pòtoprens chak tèt se pwen aterisaj bal Leta fè kado pou jwenn san pou wouze laj li. On marche en regardant le ciel afin de ne pas être surpris par un drone. C'est monnaie courante ces temps-ci. Des drones tuant à longueur de journée les civils qui ont le malheur d'être pauvres (pour reprendre Lyonel Trouillot). "On fait la traque aux bandits. Dans la réalité, ce ne sont pas les bandits qui meurent. En tout cas, pas les chefs. Des civils qui ont le malheur d'être pauvres" (Lyonel Trouillot : source Ayibopost). Heureusement, je ne suis pas le seul à devoir passer chaque jour par ce sentier infernal. On se sent rassuré quand d'autres personnes partagent son épreuve. Ici, on se serre les coudes dans le malheur. Des milliers de mères et de pères bravent ce danger tous les jours afin que leurs enfants ne crèvent pas de faim. De véritables héroïnes et héros. Souvent, ils sont obligés de faire la route à pied, à l'aller et au retour. Parfois, ils y laissent leur peau. Leurs corps donnés en pâture aux chiens. Je n'arrive pas encore à trouver le bon rituel pour traverser avec moins de stress. Ce matin, j'ai essayé le slam. Abd al Malik, mon slameur fétiche. Circule petit Circule Parce que sinon Tu resteras petit Même quand tu seras grand... Je me suis senti plus motivé que calmé. Je m'impose des échéances que je vais remettre à plus tard une fois la tempête calmée. Je suis le plus grand procrastinateur de tous les temps, tout juste devant mon ami Tiadòch. À deux, nous formons le binôme le plus paresseux du monde. L'adrénaline au paroxysme, je coupe les écouteurs. Pour faire passer le temps, je me suis mis à observer tout ce qui bouge à travers les vitres. Des cabrits maigrichons disputent une branche de cocotier sèche. Famine, criai-je à haute voix à mon insu. Devant ma stupéfaction, ma voisine rétorque : "Tu es jeune ! (J'ai 33 ans bien comptés. Je me sens vieux. Je n'aime pas quand on me traite de jeune.) Les cabrits mangent tout ce qu'ils trouvent lorsqu'ils ont faim. Ils peuvent se nourrir même de carton." Je n'ai pas répondu, sinon pas de façon audible. Un pays qui n'arrive même pas à nourrir ses cabrits. La vache ! Des tirs. Silence autour de moi. Je me touche machinalement. Je ne suis pas touché, heureusement !

Chronique

Une petite visite vite fait à Livres Solidaires Haïti

Il y a des journées qui semblent avoir un seul objectif : te laisser KO. Ce matin, je me suis levé à l’aube afin d’être à l’heure au bureau. J’ai voulu surprendre les petites voix féminines qui, impitoyablement, disent à tout bout de champ : « Gabynho, il n’est jamais à l’heure, non ». De Carrefour à Bois-Morquette, pour ceux qui savent, ce n’est pas une mince affaire. Mais bon ! À 5 h du matin, j’étais déjà sur la Grand-Rue à attendre le bus. Silence total. Les gens dormaient encore. J’ai dû utiliser la lampe de mon A15 (j’aime mon A15) pour éclairer mes pas et ne pas me faire lyncher par les chiens vagabonds. Il était 6 h moins le quart quand enfin un bus pointa. Pas un vrai bus. Une tortue. Après avoir dégluti un bon jus blendé, il pourrait aller plus vite. À 7 h 10, le bus s’arrêta net au beau milieu de la rivière de la 5e Avenue. Panique totale. Tout le monde parle, invective le chauffeur. « Kochon mawon, ou pral pote m sou do w », lance mon voisin à l’intention du chauffeur. Je ne pouvais pas m’empêcher de rire en imaginant ce monsieur obèse d’environ 190 kilos sur le dos de ce malheureux chauffeur, tout maigrichon qu’il est. J’ai ri un bon coup pour vite me remettre à stresser à l’idée d’être en retard. Quinze minutes plus tard, je fis un slalom risqué pour monter dans une camionnette qui ne voulait pas s’arrêter au beau milieu de l’eau pour ne pas s’éteindre. Ces vieux machins tombent en panne une douzaine de fois par jour. Arrivé au bureau, l’équipe était déjà partie. Galère.

Société

Développement communautaire et inclusion sociale : Kay Jèn Yo forme une quinzaine de jeunes à Carrefour

L’espace d'animation socioculturelle "Kay Jèn Yo" a organisé, les 17 et 18 février, un atelier de formation sur le développement communautaire et l’inclusion sociale, dans ses locaux à Carrefour. Une quinzaine de participants ont pris part à cette activité qui visait à renforcer leurs connaissances et leurs compétences en matière d’intervention communautaire. La première journée a été consacrée à une introduction aux concepts de base du développement communautaire. Intervenant au nom de l’organisation, Mardoché Étienne a présenté les objectifs de l'espace, avant de céder la parole à l’animateur de la session, Richardson Jeune. À travers une séance de brainstorming, les participants ont été invités à partager leur compréhension du développement communautaire, défini comme l’ensemble des actions menées par les membres d’une communauté pour favoriser son progrès. Les échanges ont également permis de situer ce concept dans plusieurs disciplines, notamment la sociologie, la psychologie et l’anthropologie. L’animateur a insisté sur l’importance du diagnostic communautaire comme étape préalable à toute intervention. Il a par ailleurs distingué le développement communautaire de l’aide humanitaire, soulignant que le premier s’inscrit dans une logique de durabilité, contrairement au second, qui répond à des situations d’urgence. La deuxième journée a porté sur la gestion des conflits communautaires. Les participants ont été initiés à des méthodes d’identification des problèmes et de résolution des tensions, notamment à travers le Mode Alternatif de Résolution des Conflits Communautaires (MARCC). Plusieurs approches du développement communautaire ont été présentées, dont les approches conscientisante, féministe, marxiste et structurelle, chacune mettant l’accent sur des dimensions spécifiques de l’engagement communautaire. L’atelier s’est achevé sur une réflexion autour de l’inclusion sociale, présentée comme un levier essentiel pour favoriser la participation des groupes marginalisés à la vie sociale et politique. Pour l’animateur, les acteurs du développement communautaire ont un rôle clé à jouer dans le renforcement de la cohésion sociale et la réduction des inégalités au sein des communautés. Auteur: Pierrevensky Lestius

Coin poésie

Ton nom, une petite flamme fragile

Taïna, ton nom naît sur mes lèvres avec la douceur d’une eau calme qui cherche obstinément la mer. Je le murmure dans la nuit quand les villes se ferment lentement et que les hommes fatigués posent leurs rêves froissés devant la porte de leurs maisons. Ton nom, est une petite flamme fragile que je protège entre mes mains contre les vents violents du monde. Je le garde vivant en moi comme on garde un espoir têtu quand tout semble vaciller dans l’obscurité des jours. Taïna, tu marches dans mes jours comme un matin clair qui se lève sur une terre longtemps abandonnée. Quand je pense à toi les arbres retrouvent leur feuillage, les routes poussiéreuses deviennent des chemins d’eau, et les pierres elles-mêmes se souviennent qu’elles furent un jour des étoiles. Taïna, ton rire est une pluie fine qui tombe sur mes silences. Il lave la fatigue de mes épaules, il ouvre les fenêtres de mon âme là où dormaient des oiseaux blessés. Je t’imagine parfois debout au bord de l’aube avec tes mains pleines de lumière, distribuant des matins aux hommes qui ont oublié de croire au soleil. Et moi je reste là à écouter ton nom comme on écoute la mer quand elle parle aux pierres. Taïna, si le monde devait un jour s’écrouler dans un grand bruit de fer et de poussière, je garderais encore ton nom comme une braise secrète au fond de ma poitrine. Car ton nom est une promesse d’aube. Et tant qu’il existe dans la mémoire de mon souffle, la nuit ne pourra jamais tout à fait gagner la bataille. Taïna, tu es cette étoile lente qui traverse ma vie. Et je marche vers toi avec mes mots pauvres mais mon cœur immense comme un pays qui cherche encore sa première lumière. John Peter Stinvil