Chronique- Par Blondy Wolf Leblanc (Gabynho)
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Il y a des journées qui semblent avoir un seul objectif : te laisser KO. Ce matin, je me suis levé à l’aube afin d’être à l’heure au bureau. J’ai voulu surprendre les petites voix féminines qui, impitoyablement, disent à tout bout de champ : « Gabynho, il n’est jamais à l’heure, non ». De Carrefour à Bois-Morquette, pour ceux qui savent, ce n’est pas une mince affaire. Mais bon ! À 5 h du matin, j’étais déjà sur la Grand-Rue à attendre le bus. Silence total. Les gens dormaient encore. J’ai dû utiliser la lampe de mon A15 (j’aime mon A15) pour éclairer mes pas et ne pas me faire lyncher par les chiens vagabonds.
Il était 6 h moins le quart quand enfin un bus pointa. Pas un vrai bus. Une tortue. Après avoir dégluti un bon jus blendé, il pourrait aller plus vite. À 7 h 10, le bus s’arrêta net au beau milieu de la rivière de la 5e Avenue. Panique totale. Tout le monde parle, invective le chauffeur. « Kochon mawon, ou pral pote m sou do w », lance mon voisin à l’intention du chauffeur. Je ne pouvais pas m’empêcher de rire en imaginant ce monsieur obèse d’environ 190 kilos sur le dos de ce malheureux chauffeur, tout maigrichon qu’il est. J’ai ri un bon coup pour vite me remettre à stresser à l’idée d’être en retard.
Quinze minutes plus tard, je fis un slalom risqué pour monter dans une camionnette qui ne voulait pas s’arrêter au beau milieu de l’eau pour ne pas s’éteindre. Ces vieux machins tombent en panne une douzaine de fois par jour. Arrivé au bureau, l’équipe était déjà partie. Galère.