Culture

Timoun se Moun, un concours de création poétique pour la protection de l'Enfance en Haïti

L'Action Communautaire de Transformation et d’Intégration Formelle (ACTIF) lance le concours de création poétique "Timoun se Moun" dans le cadre de son engagement continu en faveur des droits de l'enfant. Fondée en 2016 à Carrefour, Haïti, ACTIF, une organisation à but non lucratif, apolitique et non confessionnelle, fait de la lutte pour les droits des citoyens son cheval de course. En cette période de crise en Haïti, l'initiative "Timoun se Moun" revêt une signification particulière en donnant une voix aux enfants, souvent les plus vulnérables face aux crises. Ce concours, au-delà d'être une compétition artistique, se veut un plaidoyer vibrant. Chaque participant.e exprimera non seulement son amour pour les enfants, mais sensibilisera également la société à reconnaître les enfants comme des acteurs essentiels dans la construction d'un avenir stable. Blondy Wolf LEBLANC, l'un des initiateurs du projet, souligne : " En prenant part à ce concours, les participant.e.s deviennent les architectes d'un dialogue artistique transcendant les frontières du langage, utilisant ainsi leurs mots comme des boucliers poétiques pour protéger et faire respecter les droits fondamentaux de l'enfance." "À travers cette initiative, ACTIF vise à inspirer une nouvelle génération d'écrivains, d'activistes et de défenseur.e.s des droits de l'enfant en Haïti. Et Cette symphonie poétique sera un refus catégorique de la maltraitance et de la négligence envers les enfants, où chaque mot contribuera harmonieusement à la mélodie de la transformation sociale, élevant ainsi les voix des enfants au sein de la société haïtienne",ajoute-t-il. Trois prix symboliques seront décernés aux meilleurs textes, avec la possibilité pour ces œuvres d'être incluses dans une anthologie publiée par les Éditions Repérage. Les fonds récoltés grâce à la vente de cette anthologie contribueront au financement des activités du programme de protection de l'enfant d'ACTIF. Le concours est ouvert aux Haïtiens et Haïtiennes âgés d'au moins 18 ans. La participation est gratuite, avec la soumission d'un texte en créole haïtien ne dépassant pas 500 mots (Format : PDF ; Police : Times New Roman ; Taille : 12 ; Interligne : 1.5). Chaque participant.e peut présenter un seul texte. La date limite de soumission est fixée au 22 février à minuit. Les participants doivent envoyer leur copie par courrier électronique à l'adresse dédiée : actifkonkoupwezi@gmail.com, accompagnée d'une page de couverture comprenant les coordonnées du participant (nom, prénom, e-mail, adresse).

Société

Chronique: fuir pour vivre et rester pour mourir

Assis entre quatre murs face à une feuille blanche. Stylo entre les doigts. Je feuillette les souvenirs du passé. On dirait qu’ils sont d’hier. Sensibles, soucieux et inconscients, à l’époque. Mais conscients que c’était beau. Beau à vouloir revivre ces hiers (le passé) aujourd’hui. En admirant le passé, j’ai l’impression de retrouver un sourire perdu. Non, assassiné par les années. Une simple impression ; le fait que je souriais. Dans tous les cas, il serait éphémère. Parce que je ne peux supporter : les cris des Mères, Pères, Enfants, des Frères et Sœurs. Les gens qui s’immigrent, les maisons qui brûlent, les bals qui atterrissent dans les poitrines des garantisseurs de demain … Putain ! Mais, que va devenir demain si on nous assassine aujourd’hui ? Étant restés vivants, qu’allons-nous devenir demain ? Ensemble de questions qui rongent les cerveaux des gens de notre société actuelle. Et force de constater ces questions qui posaient peut-être problème à l’époque de : Jean Baptiste Cinéas, Jacques Roumains, entre autres, sont, sans contester, dans toutes les têtes ces jours-ci. Et, on ne peut nier que « Nous allons tous mourir. » (Paraphrase de Délira Délivrance), est la réponse d’un bon nombre d’Haïtiens. Car la pauvreté les entoure. Nous entoure ! Le chômage, l’insécurité… obscurcissent tout espoir d’un aller mieux. À mon avis, Frère ! Ce qui fait la grande différence entre l’ancienne époque et celle d’aujourd’hui, c’est la résignation. Peut-être un mal. Mais, c'était un mal bien ! Parce que, de nos jours trois quart des haïtiens veulent partir. Non, ils veulent fuir! Puisque ce n’est pas pour ; aller, puiser et retourner. Mais c’est pour ; aller, fonder, naturaliser et mourir. Puisque le pays (Haïti) est souffrant. Ils veulent fuir pour être respectés et ressembler à un autre : Yankee, Français, Canadien … comme si cela déracinerait d’eux le peuple qui ; danse, chante et jette un lot de crachats après avoir uriné quelque part. Quant aux autres (le quart) qui restent, trois facteurs peuvent expliquer leur choix. Le premier ; ils n’ont pas de papiers, stupidement ils se font appeler : patriotes ou nationalistes. La seconde, ils sucent (exploitent) le système. Le dernier, c’est ceux qui ont choisi de rester pour se battre pour le changement. Étant bien imbus du mal-être, ces derniers s’éfforcent de bien apprendre. Ils se mettent en tête qu’ils doivent tout faire pour que demain aille mieux. De plus, qu'on aura besoin d’eux pour pérenniser et embellir ce climat de bien-être. Quant à moi, je suis de ceux qui croient que le soleil se lèvera un jour à l’Est. De ceux qui ne vivent pas d’une espérance sans poser d’action. D’ailleurs, mon premier acte c’est d’avoir choisi ce pays pauvre (Exagération d’Haïti) parmi ceux qu’on me vend via leurs beaux romans. Sans crédit de contribution. Et toi, oui je sais déjà que tu as saisi l’occasion d’aller vivre sur les risques de te faire expulser un jour. Car, dans leur monde de riche, les noirs ne sont pas toujours les bienvenues. Une fois l’exploitation finie (néo-esclavagisme), ils créent une excuse et nous expulse. Des faux prétextes(!) J'ai fait ce choix pour mes nièces et neveux âgés de quatre, cinq ans. Ils rêvent de devenir ; professeur (comme moi), médecin, ingénieur… Que de beaux rêves! Mais, comment garantir leurs études ailleurs tout en étant professeur ici ? Et, je ne veux pas, avec une licence ou un master ici, qu’ils aillent s’installer en terre étrangère pour être ; serveurs.ses, ménagers.ères ou quelconque autre fonction en dessous de leurs capacités acquises pendant de longues années. Ce n’est pas de la complexite, c’est plutôt l’endroit où ils vont le faire (mauvaise utilisation) et, la condition qui les pousse (souci de travail/insécurité). Pour éviter cela, je veux me battre pour eux, ici ! Il est vrai qu’ailleurs toutes les conditions se réunissent pour être un millionnaire en une journée (prétention). Mais, je ne serais pas l’espoir de tout ceux qui souhaitent devenir quelqu'un. Envieux, ils le seront sûrement. De travers, ils regarderont ma famille qui va à l’école. Un manque qui nourrit de nouvelle haine, qui dit cela, dit nouvelle guerre. Source de toutes formes d'instabilité. Étant professeur, soucieux de nous, je reste. Je reste pour aider dans l'application des théories de bien-être ainsi que pour prêcher l'amour de soi, de la terre par les manuels d’histoires, de civiques, les livres de : Jean Price Mars, Anténor Firmin, Jacques Stéphen Alexis, Jacques Roumain, entre autres. Pour rééduquer la société restante.Je vais prôner une réafricanisation ouverte. Afin de leur montrer les liens qui nous unissent en tant que peuple fort, le rapport de maître-esclave qui nous rattache aux autres qui font semblant de nous aider sans espérer quelque chose en retour, ouverte dans la msure d'exploitrer la modernité des autres. Je reste pour critiquer leur racisme non parce qu’ils font subir des atrocités aux hommes noirs, mais juste parce que c’est mauvais. Rester pour les inviter à faire des efforts dans le mal, non fuir. Non à justifier l’esclavage pour un morceau de pain. Je reste pour planter des arbres, sensibiliser les gens du ghetto et mourir s’il le faut. Je vais tout donner, pour recevoir ou mettre le pays sur le chemin du progrès, d'avoir le respect. Tout comme Louis Joseph Janvier l'avait dit, « Quand la nation est insultée, l'insulte rejaillit sur chaque citoyen.» Pardon, ami-frère si je vous fais part de ces mots. Mais je voulais le faire à tout le monde parce qu'être Haïtien c'est sentir les peines. Je te le donne pour que tu puisses le lire ensuite, discuter à un ami là-dessus et l’autre va le faire à un autre et, ainsi de suite. Sur ce, je t'affirme que le pays va changer. Debrouille-toi pour y participer d’une manière ou d’une autre. Car Haïti renferme ton nombril, et un jour tu seras obligé d'y retourner. Ayibobo, vye frè m. Gregory BAUDIN

Société

Économie sociale et solidaire?

L’autre économie ou la mise en valeur du collectif au détriment de l’individuel, c’est l’appellation la plus adaptée de l’économie sociale et solidaire. Cette facon de nommer l’économie sociale et solidaire met hors jeu toute tentative d’appropriation. Toutefois, nous devons pas nous éterniser sur une question de d'appellation en laissant de côté le sens pratique de ce modèle économique. Celle-ci doit être considérée de préférence comme un laboratoire d’expérimentations d’une gouvernance alternative. Cela ne veut pas dire qu’elle n’est pas marquée par des ambiguités et des confusions terminologiques. En effet, nous retenons à la suite d’Abdourahme Ndiaye et Sophie Boutillier (2003) que l’économie sociale et solidaire propose la socialisation de la propriété au travers de coopératives de production pour transcender à la fois les injustices issues de la propriété privée et les conflits de répartition qui matérialise la lutte des classes. En outre, elle met l’accent sur la pluralité des formes de propriété. Face aux défaillances de l’État en lien à l’économie capitaliste, l’économie sociale et solidaire initie une série d’activités qui reposent sur des valeurs de solidarité des secteurs majoritaires d’une société donnée. C’est la raison pour laquelle on la définit comme l’ensemble des activités contribuant à la démocratisation de l’économie à partir d’engagements citoyens. Elle émane des actions collectives visant à instaurer un modèle de gestion de pouvoir qui dépasse celle proposée par le capitalisme. En fait, l’économie sociale et solidaire intègre les valeurs suivantes comme finalité: servir ses membres ou la collectivité plutôt qu’engendrer des profits, l’autonomie de gestion par rapport à l’Etat, une gestion démocratique, la primauté des personnes et du travail sur le capital, l’augmentation de la richesse collective etc.Toute ces valeurs prennent sens quand l’économie sociale et solidaire les intègrent dans une dimension politique très avancée. Mais, le chantier de cette économie reste à travailler. Les conditions de vie des personnes vivant en marge dans le monde doivent constituer un laboratoire d’expérimentations. Les pratiques de solidarité traditionnelle devraient remplacer par d’autres impulsées par l’émergence des questions sociales. La promotion, la vulgarisation, la créativité, entre autres, se révèlent important pour déblayer le chantier. #DossierÉconomieEtSocialeSolidaire